Kokopelli: on aime ce qu’ils sèment
Libération des semences et de l’humus! C’est le programme original proposé par l’association Kokopelli, basée au coeur des Cévennes et composée d’une bande de joyeux agriculteurs…
Chantenay à coeur rouge, Blanche de Kuttingen, Jaune du Doubs… Chez Kokopelli, les carottes portent des noms à particules. Et les tomates offrent à nos papilles de réelles saveurs. Ce commerçant de semences rares et anciennes redonne à la biodiversitétoutes ses lettres de noblesse avec un catalogue de plus de 2 500 variétés.
L’association a choisi son nom en hommage à un personnage de la mythologie amérindienne, symbole de la fertilité. Derrière cet hymne à la vie, se cache une volonté tenace de résister aux dérives de l’agriculture productiviste. Aussi innocente soit-elle, la vente de graines fait l’objet d’une réglementation très stricte en France.
La petite voix qui détonne dans le paysage de la semence
Kokopelli, en vendant des semences que l’on peut reproduire et en refusant de s’enregistrer à l’un des catalogues nationaux (dont le prix d’inscription dépasse 150 euros par variété) s’est mise hors-la-loi. Mais Dominique Guillet, son fondateur, a toujours refusé le jeu de l’agriculture industrielle et demande inlassablement une réforme du cadre juridique français pour permettre un libre accès et une libre reproduction des semences. Une petite voix qui détonne dans le paysage de la semence. La plupart des variétés proviennent aujourd’hui de l’une des dix multinationales qui inondent le marché de produits hybrides, c’est-à-dire des graines stériles ou dégénérescentes qui ne se reproduisent pas et qu’il faut racheter chaque année, au grand bonheur des semenciers. D’un côté, le chiffre d’affaires lucratif. De l’autre, l’espoir de préserver une banque de semences vivantes. Car, ne l’oublions pas… l’argent ne se mange pas.
Stéphanie Senet
8.10.2008
© Stéphane Alunno
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