Déclaration universelle des Droits de l’Homme: 60 ans, pas une ride
Soixante ans après son adoption par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme reste d’une brûlante actualité.
Inspiré de la Déclaration anglaise des droits de 1689 et de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen française de 1789, la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) est née de la volonté des Etats, ravagés et choqués par les atrocités de la Deuxième Guerre mondiale, de garantir les droits de chaque personne en tout lieu et en tout temps.
Sous l’impulsion d’Eleanor Roosevelt, veuve de l’ancien président des Etats-Unis, un Comité de rédaction est réuni. Il comprend notamment le Français René Cassin, le Libanais Charles Malik, le Chinois Peng Chung Chang, et le Canadien John Humphrey. Le projet de Déclaration est examiné dans les moindres détails par les 58 États membres des Nations unies de l’époque, de régimes politiques, de religions et de traditions culturelles très variés, amendé, puis adopté par l’Assemblée générale le 10 décembre 1948. Seuls huit s’abstiennent. Parmi eux, l’Afrique du Sud, qui pratique l’Apartheid, conteste l’article sur l’égalité sans distinction de naissance ou de race; l’Arabie saoudite conteste l’égalité hommes-femmes, enfin les Pays de l’est contestent la définition du principe d’universalité – toujours discuté aujourd’hui.
Au cœur des droits
Sans valeur juridique contraignante, les trente articles de la DUDH énoncent les droits fondamentaux inhérents à tout être humain. Mais, depuis 60 ans, la DUDH a inspiré plus de 80 déclarations et traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme, de nombreuses conventions régionales et des projets de loi nationaux. Aujourd’hui, presque tous les États dans le monde ont ratifié une ou plusieurs conventions sur les droits humains, ce qui les engage à mettre en place des mesures et une législation nationale compatibles avec les obligations et les devoirs inhérents à ces traités. «Enjeu central pour les droits de l’Homme, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’inspire par ailleurs largement de la doctrine des droits fondamentaux affirmée dans la Déclaration», indique Michel Doucin, ambassadeur français chargé de la bioéthique et de la RSE. S’inspirant elles aussi de la DUDH, les organisations de défense des droits de l’Homme, notamment Amnesty International, Oxfam, et le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL), ont récemment obtenu une résolution des Nations unies en vue de l’adoption d’un traité international sur le contrôle des armes.
Charlotte Boulanger
En savoir plus:
Site de la campagne Control arms
Pourquoi ces deux combats sont liés?
La Déclaration est universelle parce que l’homme, comme ses souffrances, sont universels
«Le génocide se poursuit au Darfour»
Palmarès mondial des meilleurs reportages d’investigation
Les avocats signent leur déclaration universelle
Retrouvez Toogezer









