Un Samu pour l’environnement

À bord de son labo mobile, l’équipe du Samu de l’environnement intervient 24h/24, 7 jours/7 en cas de pollution de l’air, de l’eau ou des sols. Une initiative strasbourgeoise encore unique en France.
 

Parce que l’environnement aussi a ses urgences, il a droit à son propre Samu. Le toxicologue Fariborz Livardjiani en est convaincu, c’est pourquoi il imagine voilà maintenant 15 ans un laboratoire mobile, capable d’intervenir très rapidement en cas de pollution de l’eau, de l’air ou du sol, et d’analyser, sur place, l’origine du problème afin de savoir au plus vite quelle conduite adopter.

Du Kosovo à Strasbourg…
C’est en 1994 que le Samu de l’environnement fait ses premières preuves au… Kosovo. «Après la guerre et à cause des bombardements, les cours d’eau avait été gravement pollués», raconte Fariborz Livardjiani, alors en mission humanitaire. Grâce à un prototype du Samu de l’environnement, nous avions pu réduire de 70% les pathologies hydriques en moins de trois mois.» Faute de subventions, ce n’est que 10 ans plus tard que le dispositif est mis en place à Strasbourg, avec le soutien financier d’AD Scientifique – centre français d’étude en toxicologie – et en collaboration étroite avec le Centre antipoison de Strasbourg qui reçoit les appels. «Nous avons été contacté 500 fois depuis l’inauguration et nous nous sommes déplacés sur près de 200 interventions», indique le fondateur. 

Le labo mobile est sur tous les coups!
L’équipe, composée de médecins, de biologistes, de physiologistes, de toxicologues ou encore de physiciens nucléaires est opérationnelle 24h/24 et 7 jours/7 et peut intervenir dans un rayon de 100 km autour de Strasbourg. Dans le laboratoire mobile, on trouve des photomètres, des oxymètres, des pHmètres, des turbidimètres, le tout alimenté par des panneaux solaires installés sur le toit et permettant ainsi de procéder à près de 150 tests et analyses différents. «On pourrait même en faire 400 si on avait plus de moyens», indique Fariborz Livardjiani. Traces d’arsenic dans un cours d’eau, contamination au mercure, inhalation de gaz toxiques…  Le Samu peut intervenir aussi bien pour des particuliers, que pour des industriels ou des collectivités. Chaque intervention coûte 2500 euros, « mais nous ne faisons payer que 500 euros pour le moment, le temps de démontrer l’efficacité du projet. Et pour les particuliers, nous intervenons encore bénévolement.» Pour le moment, seule la région strasbourgeoise profite des services de ce Samu vert, mais le projet pourrait bien séduire d’autres régions. Jean-Louis Borloo en avait d’ailleurs largement fait la promotion lors du Grenelle de l’environnement. Affaire à suivre…

Marie Ernoult
 

Pour contacter le Samu de l’environnement, un seul numéro: 03 88 37 37 37

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