Développement durable, droits de l’Homme et humanisme: même combat

Quelles perspectives donner aux droits de l’Homme? Quels sont les enjeux fondamentaux du XXIème siècle pour permettre un développement durable, un développement qui respecte à la fois la Terre et l’Homme? La solution semblerait passer par une transformation des consciences…
 

Plus que jamais aujourd’hui, les enjeux liés aux droits de l’Homme se révèlent être indissociables des problématiques environnementales. La dégradation accélérée de l’environnement affecte directement les droits fondamentaux des populations locales car elles se retrouvent privés de leurs moyens de subsistance. Inversement, le droit de l’environnement s’avère aussi avoir un impact considérable sur la vie et les moyens de subsistance de nombreuses communautés. Et si ce dernier peut être extrêmement positif, il peut aussi se révéler désastreux pour les communautés locales lorsque les lois sont élaborées et mises en œuvre sans tenir compte de leurs intérêts. Ainsi, depuis plusieurs années, le respect des droits humains et la protection de l’environnement dans le commerce international font l’objet d’une réflexion grandissante. Alors que les grandes entreprises refusent encore de se plier à des normes internationales contraignantes, des initiatives sont en marche pour «transformer les consciences».
 

«Donner du sens à l’aventure humaine»
Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur, défend dans son ouvrage Manifeste pour la terre et l’humanisme (1), un mode de société plus respectueux des êtres humains et de la terre. Pour ce philosophe, «l’humanisme du XXIème siècle doit être synonyme d’équité, de solidarité et de partage». Dans la même veine, Stéphane Hessel, ambassadeur de France, grand témoin de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, reconnaît que les droits de l’Homme connaissent un troisième défi, plus difficile à cerner: «celui du sens à donner à l’aventure humaine». Il observe que «la course vers plus de production, de productivité, d’accumulation de richesses, s’est effectué au détriment des ressources de la terre». 

Pour ces experts, le respect de la vie sous toutes ses formes passe par une transformation des consciences et des modes de vie, posant le défi du vivre sobrement. Pour répondre à ce défi, Pierre Rabhi a lancé en 2006 Colibris – Mouvement pour la Terre et l’humanisme, une plateforme de rencontres et d’échanges entre ceux qui cherchent des solutions aux différentes crises que nous traversons (financière, économique, climatique, alimentaire, énergétique, sociale, crise du sens) et ceux qui proposent des alternatives, qu’elles soient philosophiques, éthiques ou pratiques afin de «choisir son futur plutôt que le subir»…

Charlotte Boulanger

 

Plus d’informations:

Association Terre & Humanisme 

Colibris – mouvement pour la Terre et l’humanisme

 

 

(1) Manifeste pour la Terre et l’humanisme de Pierre Rabhi, Actes Sud, 2008.

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