G8 suite et fin : carbone et dépendances
Alors que l’épaisseur de la banquise arctique est en chute libre (moins 68 cm depuis 2003 sur une épaisseur moyenne de 2m50 (chiffres NASA(*)), la diplomatie internationale fait le gros dos face au réchauffement. N’en déplaise aux économies les plus développées (G8 pour les intimes), les bonnes intentions ne tiennent pas la route sans objectifs chiffrés. Se mettre d’accord sur une limitation à 2 degrés des modifications climatiques sans s’en donner les moyens, c’est faire du développement durable un hochet propre à agiter les seuls bons sentiments.
Le paradoxe français
De son côté, la France tout en affichant un certain volontarisme, n’est pas exempte de tout paradoxe… Alors que certains de ses constructeurs automobiles donnent l’impression de se convertir à l’électrique, un Premier ministre s’acharne à faire le VRP pour conquérir des marchés pétroliers. Notre économie semble définitivement droguée aux énergies fossiles. Plus nous attendons, plus le sevrage s’avèrera délicat. Que le changement soit difficile, personne ne le conteste mais le double langage n’est pas tenable.
Mais ne jetons pas bébé avec l’eau du bain, les initiatives se multiplient. Notre cher Hexagone pourrait se lancer dans l’aventure de la Contribution énergie climat (CEE, alias « taxe carbone ») si l’arbitrage du président Sarkozy dans les prochains jours va dans ce sens. Les régions et les collectivités territoriales, quant à elles, souvent en avance sur l’Etat, multiplient les soutiens accordés aux transports en commun, en particulier le rail (TER). Une majorité d’entre nous tente de changer ses habitudes. Dans moins de six mois, Copenhague sera le juge de paix de notre destin climatique, tenons bon !
La rédaction
(*) Les données obtenues par le satellite ICESat on révèle que la glace permanente de la banquise (celle qui ne fond pas en été) perd en superficie et en épaisseur. La superficie totale de la glace permanente a ainsi diminué de 42% depuis 2008. Désormais, le volume de glace saisonnière (qui se reforme en hiver) est supérieur au volume de glace permanente. Alors qu’en 2003, la banquise arctique était constituée de 62 % de glace permanente et 38% de glace saisonnière, en 2008 le rapport s’est inversé : 68 % du volume est de la glace saisonnière, selon la NASA
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