Retrouvance : le développement durable en marche
Tourisme et respect des équilibres locaux ne font pas forcément bon ménage. Retrouvance, créé depuis 13 ans par l’Office national des forêts, a pourtant réussi le mariage avec brio. C’est une formule qui propose des circuits pédestres et des locations de gîtes au sein de sites superbes mais méconnus, respectant la vie locale dans une nature préservée.
Valoriser un patrimoine naturel et humain méconnu
Les séjours Retrouvance se déroulent à l’écart du tourisme de masse. Les cinq itinéraires de la formule : Büech-Dévoluy (Hautes-Alpes), Haut Verdon-Val d’Entraunes (Alpes-du-Sud), Pyrénnées-Vicdessos (Ariège), Drôme-Vallée de la Roanne (Drôme) et Monts d’Ardèche sont des havres de découverte loin des sentiers battus. Retrouvance vous y emmène pour vous les faire découvrir de l’intérieur…
Le but n’est pas simplement de proposer une activité de loisir mais aussi d’aider les randonneurs à comprendre des écosystèmes, des paysages et des hommes par la mise en valeur de lieux, de savoir-faire et de modes de vie. La forêt a un rôle pédagogique majeur à jouer dans l’éducation à l’environnement.
L’hébergement, dans d’anciennes maisons forestières ou bâtiments ruraux rénovés, plonge dans un milieu à la fois sauvage et humain. Une forêt, un paysage, ce n’est pas simplement la nature mais aussi des hommes qui y travaillent et y vivent. Forestiers, paysans, chasseurs et bergers jouent chacun leur rôle. Grâce à l’intervention d’un agent de l’ONF au cours du séjour et à la rencontre quasi-quotidienne avec les habitants, celui qui choisit cette formule prend pleinement conscience des relations complexes entre l’environnement et les hommes.
Le confort sans sacrifier l’écologie
Loin de n’être que contemplative et passive, la démarche participe d’une écologie du quotidien en proposant des randonnées dont les impacts sont faibles.
Après l’effort, le réconfort. Qui a dit qu’écologie rimait avec mode de vie spartiate ? Tout en sélectionnant un habitat authentique alimenté avec des énergies renouvelables (chauffage au bois, solaire et micro turbines hydrauliques) quand cela est possible, toutes les commodités que l’on peut souhaiter après une journée d’effort vous sont offertes. Formule tout compris,vos bagages sont transportés tout le long de l’itinéraire et le gîte réservé uniquement pour le groupe. Qualité et écologie garantis.
Fidèle à la démarche alternative, une nourriture typique et équitable est au menu. Les produits servis à table sont des plats du terroir venant des petits producteurs locaux. « C’est notre devoir de ramener les gens à l’essentiel », affirme avec conviction, Nathalie Reynaud qui fournit des repas bios pour le gîte des Raux. Du gibier en passant par les tartes et autres spiritueux, les haltes riment avec bombance et convivialité. Un pays ne se parcourt pas qu’avec les pieds mais aussi avec les papilles. Nous voici conviés à une véritable écologie des saveurs.
Le temps d’une randonnée, on découvre ce que pourrait être un mode de vie plus durable sans être austère.
Une initiative enracinée localement
Le projet rend la randonnée utile. Les bénéfices dégagés vont dans leur majorité au développement local (60% du prix des prestations). Des accompagnateurs aux restaurateurs qui livrent les repas, en passant par les artisans qui aménagent les gîtes, tout vient des environs. Même les yourtes de l’hébergement Des gardes dans la Drôme sont des productions autochtones ! Tout en ouvrant une région vers l’extérieur, on expérimente une relocalisation de l’économie qui soude la communauté.
L’enjeu n’est pas seulement économique, mais aussi d’aider ceux qui sont fiers de leurs racines, à rester vivre au pays. Les bénéfices sont à la fois pécuniaires et symboliques. Les responsables de chaque circuit, agents de l’ONF, habitent et travaillent eux-mêmes toute l’année dans la région et ont donc à cœur de la faire vivre. C’est le cas de Carly Camatte, instigateur de Vallée de la Roanne (Drôme), qui admire « ceux qui ont le courage de rester ». Comme il nous le confie, cela permet aussi, au-delà des seules randonnées, de mieux intégrer le travail du forestier, considéré auparavant comme un « étranger », à la vie locale.
Relation d’autant plus étroite que les collectivités locales sont partie prenante de l’aventure. Pour certains circuits, l’ancienne école désaffectée ou une maison du village laissée à l’abandon fait place à un hébergement pour marcheurs. Dans tous les cas, les communautés de communes contribuent financièrement à la remise en état des bâtiments. L’office du tourisme se charge des réservations de concert avec des tour-operateurs nationaux. Réciproquement, le dispositif participe à la mise en valeur des sentiers communaux et au développement local. Que demander de plus ?
Randonner dans des espaces authentiques, contribuer au lien social entre habitants et à la préservation de l’espace montagnard. Une façon d’appliquer le développement durable au tourisme.
Toutes les informations sur le http://www.retrouvance.com/
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