Antibes et La Rochelle, pionniers de la voiture électrique en libre-service
Autolib’, une première ? Depuis 2007, la société Vulog teste le principe de la voiture électrique en libre-accès à Antibes (Alpes maritimes). C’est le premier laboratoire français du véhicule électrique urbain partagé après le pionnier que fut La Rochelle (Charente maritime) dans les années 90.
L’installation est modeste : 11 voitures électriques, 70 abonnés pour 75 000 habitants. Elle est avant tout conçue comme une expérience « grandeur nature » avant une application plus large dans des centres urbains plus importants comme Paris ou Besançon. « Les expériences de ce type étaient nombreuses il y a 10-15 ans mais peu ont réussi, à l’exception de La Rochelle », aime nous rappeler Georges Gallais, co-fondateur de Vulog et ancien ingénieur chez Renault.
Au coeur du projet, un logiciel d’exploitation, Vusoft, développé par Vulog en partenariat avec des laboratoires de Sophia-Antipolis: l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et automatisme) et l’I3S (Laboratoire d’informatique, des signaux et systèmes). La seconde vague du véhicule électrique urbain table en effet sur la souplesse d’utilisation offerte par les nouvelles technologies de l’information et le changement des mentalités plutôt que sur la seule amélioration du véhicule électrique.
Comme son homologue allemand d’Ulm (Allemagne) – avec des SMART à essence -, le libre-accès « à l’antiboise » repose sur un logiciel qui localise le véhicule le plus proche et offre la possibilité de le réserver via son mobile. Une plus grande liberté pour l’utilisateur et une économie par rapport aux stations fixes à 50 000 € pièce. Le stationnement isolé possède aussi – selon ses concepteurs – l’avantage d’éviter le vandalisme sur un ensemble de véhicules comme c’est (trop) souvent le cas avec Vélib’. Seule ombre au tableau, une absence de bornes qui contraint à collecter les batteries pour les recharger… Avec 50 véhicules et sept stations La Rochelle a, quant à elle, opté pour le système des emplacements dédiés dès 1995, date de la mise en service d’Autoplus, le libre-service de voitures électriques rochelais. La possibilité de réserver et localiser à distance les sites fait cependant partie des évolutions prévues.
Autre question de génération, le parc disponible a changé. Alors que la cité charentaise, incontestable pionnière, est encore majoritairement dotée de Peugeot 106, Saxo et Berlingo à batterie nickel-cadmium, l’agglomération méditerranéenne a fait appel à des châssis conçus sur mesure et à des accumulateurs Ni-Mh délivrant plus de puissance. Reste à savoir si les constructeurs français sont capables de passer de quelques centaines d’unités produites par an à plusieurs milliers. La société franc-comtoise FAM, conceptrice des F-City de Citévu, affirme pouvoir en produire 4 000. Alors que la plupart des modèles des grands constructeurs sont prévus pour 2011 ou 2012, le projet Autolib’ stimulera t-il les PME plus réactives aux évolutions du marché ?
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Et combien coûte le service à l’utilisateur?
Attention avec le système de « voiture en libre service » proposé à la Rochelle et à Antibes (à ne pas confondre avec l’autopartage). Il y a un risque de concurrence avec les transports collectifs. Un article paru en juillet 2009 dans le Monde y relate l’expérience d’une étudiante qui déclare que l’utilisation des voitures en libre service à Ulm (exemple que vous reprenez) lui « économise un long trajet en bus ». Est-ce réellement ça que nous voulons ? Remettre en cause des décennies de politique de déplacements urbains, de sensibilisation, d’investissements ?
Association La Voiture Autrement