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Légendes et réalités du réchauffement climatique

D’aucuns diront n’avoir jamais entendu parler du réchauffement climatique mais qui sait vraiment ce que se cache derrière ce terme faussemment consensuel. Dialogue imaginaire sur une situation bien réelle…

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L’hiver 2008 a été particulièrement rigoureux en France métropolitaine, pourquoi parler dans ces conditions, de réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique est une élévation de la température moyenne à la surface du globe à l’échelle de plusieurs décennies. Il ne s’agit pas d’une situation locale à un moment donné mais d’une tendance générale à long terme. C’est la différence qui existe entre la météo qui concerne le temps à un moment donné et le climat dont l’évolution progressive peut très bien passer inaperçue. Il est donc vrai que certains endroits ponctuels du globe se refroidissent, que certaines années sont plus neigeuses que d’habitude. Cela ne prouve pas qu’il n’y ait pas de réchauffement global.

Inversement, les phénomènes extrêmes : tempêtes, cyclones, canicules n’ont de valeur de preuve que s’ils se répètent. Les assureurs, peu suspects d’écologisme primaire, s’intéressent de près à l’augmentation avérée de la fréquence des catastrophes naturelles (augmentation des coûts de 75% d’ici 70 ans selon l’association des assureurs britanniques).

Fera t-il chaud et sec partout ?

Le réchauffement ne se traduit pas seulement par l’élévation continue des températures et une sécheresse uniforme. Il provoque aussi un dérèglement. Avec le réchauffement, les précipitations en Europe du nord augmentent, les températures s’élèvent pendant la nuit tout en restant stables en journée, l’augmentation des températures est plus forte aux pôles qu’ailleurs. Et le sud de l’Europe connaîtra de plus grandes sécheresses.

L’homme est-il entièrement responsable ?

Depuis la fin du XIX° siècle, nous savons que le dioxyde de carbone a la propriété de réchauffer la planète en laissant passer les rayons solaires tout en retenant les rayons infrarouges (travaux du Suédois Arrhenius). La combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) est fortement émettrice de dioxyde de carbone. Elle conduit donc à un accroissement des températures. Les recherches menées sur l’histoire du climat grâce aux carottes de glace montrent que la concentration en CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis 650 000 ans. D’après le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat), « on peut avancer avec un degré de confiance très élevé que les activités humaines menées depuis 1750 ont eu pour effet net de réchauffer le climat. »

Le climat planétaire évolue, en quoi la situation actuelle est-elle inquiétante ?

Oui, le climat a déjà évolué et continuera de le faire avec ou sans nous en raison, notamment, de modifications régulières de l’orbite terrestre et de l’activité solaire.

Toute la différence est que le phénomène actuel provoqué par l’Homme est d’une rapidité sans précédent. En 100 ans, la surface de la Terre s’est réchauffée en moyenne de près d’un degré avec une très nette accélération ces dernières décennies. Contrairement aux variations climatiques passées, les espèces et nous-mêmes n’avons pas le temps d’évoluer. Une extinction de masse est donc à redouter.

Une nouvelle rassurante : contrairement aux autres facteurs de changement climatique, nous avons la possibilité d’agir !

Est-il possible de prévoir le réchauffement ?

Les prévisions vont d’une augmentation de température de plus deux degrés à plus six en 2100, selon les travaux du GIEC. Mais cela peut aller plus loin. Cette incertitude a plusieurs cause :

  • la difficulté à connaître l’évolution des économies, vont-elles utiliser les énergies renouvelables ou rester dépendantes du pétrole ?
  • des imprécisions dues à la « jeunesse » de la science climatique notamment au niveau du rôle de l’atmosphère et des océans dans la mécanique climatique
  • l’ignorance des mécanismes de rétroaction, c’est-à-dire des phénomènes d’emballement climatique qui accélèrent le réchauffement à mesure que l’on avance dans le temps.

Peut-on empêcher complètement le réchauffement climatique ?

Il n’est malheureusement plus question d’empêcher tout réchauffement mais d’en limiter les effets les plus néfastes. Les gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère ne disparaissent qu’au bout d’un longue période pouvant atteindre plusieurs siècles pour le CO2 . Une diminution des émissions ne se traduira donc pas immédiatement par une baisse de la concentration des gaz à effet de serre. En réduisant au minimum de moitié nos émissions par rapport à 1990 d’ici 2050, nous pouvons, selon les prévisions du GIEC, limiter le réchauffement à moins de 2 degrés d’ici à la fin du siècle.

Ne faudrait-il pas accepter le réchauffement climatique et apprendre à s’adapter ?

Ne pouvant éviter tout réchauffement, l’adaptation est inévitable. Elle n’est cependant possible que jusqu’à un certain point. Les pays du Sud dont le climat est déjà aride et/ou dont la majorité de la population vit à proximité des côtes, n’ont qu’une faible marge de manoeuvre. En cas d’échec, l’impossibilité de survivre dans ces endroits susciterait des flux migratoires incontrôlables de « réfugiés climatiques » (200 millions à l’horizon du siècle selon certaines prévisions).

Les habitants des régions tempérées auront moins de difficultés mais les bouleversements dans l’agriculture et les « accidents climatiques » répétés (tempêtes, perturbation des précipitations) provoqueront des crises économiques et sociales.

Le réchauffement climatique aura-t-il des effets positifs ?

Le réchauffement climatique aura probablement des effets positifs pour certains endroits arides et froids, notamment la Sibérie et le Canada, en permettant l’établissement de l’agriculture là où cela n’était pas possible avant.

D’une manière ironique, la fonte des glaces dans le Grand-nord canadien et au Groenland permettra aux pétroliers d’exploiter de nouveaux gisements et d’accroître encore le réchauffement.

Un monde où quelques uns en profiteraient au milieu d’une immense majorité plongée dans la précarité serait-il viable à terme ?

3 commentaires

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  1. La lecture de votre dossier me conforte dans mon choix de parler de « changement climatique » plutôt que de réchauffement climatique.

  2. J’ai apprécié le caractère à la fois synthétique et complet de votre explication

  3. Excellent exposé de la doctrine du GIEC dans ses aspects les plus caricaturaux comme l’équivalence entre réchauffement et aridification alors que l’histoire climatiques des 20 000 dernières années démontre le contraire.

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