Lille mise sur l’énergie des ordures
Au printemps 2008, la Communauté urbaine de Lille a mis en place une station de fabrication de méthane à partir des déchets organiques ménagers – résidus de cuisine et déchets verts – qui produira l’équivalent de 4 millions de litres de gasoil pour alimenter des bus municipaux. Rencontre avec Pierre Hirtzberger, chef de service à la Direction des résidus urbains de la Communauté urbaine de Lille.
La création d’une station de méthanisation n’a été rendue possible que grâce à une collecte plus sélective des déchets…
Depuis 1994, en plus du bac réservé aux matériaux recyclables et au tout-venant, une poubelle séparée permet aux Lillois de séparer les déchets compostables de ce qui part à l’incinérateur. La moitié de Lille métropole – soit plus de 500 000 habitants – est intégrée dans ce système. Il nous reste à mobiliser le centre historique.
Lille est-elle également pionnière dans les transports publics au gaz naturel ?
Actuellement 330 bus lillois roulent au gaz naturel. Ce n’est pas forcément très orignal en Europe. Göteborg en Suède, Berne, Zurich, Luzerne en Suisse et Rome pour les bennes à ordure sont déjà bien équipées. Des villes françaises qui s’étaient lancées y ont renoncé car la différence de prix avec le gasoil n’était plus significative. Nous espérons alimenter à terme 100 bus en biogaz en plus des 10 bennes de collecte. Pour réduire encore les impacts environnementaux du transport, des péniches acheminent les ordures vers le centre de méthanisation et l’incinérateur sur 40 km.
Outre le biogaz, vous produisez du compost. Quels sont les débouchés ?
Nous revendons notre production de compost à une coopérative agricole. Le prix de revente est bas : 8 € la tonne, il nous permet juste de couvrir les frais de transport, pas ceux de collecte et de fabrication : 65 € la tonne. Les 30 000 t produites par an sont largement écoulées auprès des exploitations agricoles périurbaines. Le compost élaboré à partir des ordures ménagères présente le double avantage de limiter l’utilisation d’engrais chimiques donc de diminuer les coûts, et de contribuer à la restauration des sols.
Le compostage individuel n’est-il pas une solution envisageable ?
La Communauté urbaine de Lille avait d’abord tenté de former des « maîtres-composteurs » amateurs. L’expérience ne s’est pas avérée concluante. Seule une petite minorité motivée se sentait concernée. Le projet de traitement industriel des déchets organiques lillois est né du constat que le compostage individuel ne peut suffire à éliminer les 100 à 120 kg d’éléments compostables présents dans les poubelles ménagères. Le compostage necessite un suivi régulier et notamment le mélange des différents matériaux par retournement. Si cela est mal fait, le composteur peut émettre plus de gaz à effet de serre qu’une poubelle normale. Notre technologie nous permet de produire un compost mûr en neuf semaines au lieu des trois à six mois dans une installation plus artisanale. Les débouchés domestiques sont limités, particulièrement dans les habitats collectifs. Vous ne pouvez pas mettre du compost sur du gazon…
Propos recueillis par Olivier Moulergues
Retrouvez Toogezer











Je suis étonnée de lire que la moitié des lillois dispose d’une poubelle séparée pour les déchets compostables qui seraient donc ramassés pour être acheminés vers le centre de méthanisation? J’habite Lille depuis presque 10 ans et je j’ai jamais entendu parler de cette possibilité, ou alors je serais dans la zone non pourvue, quartier bois blancs?