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Amnistie pour les fruits et légumes hors-normes

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Le gaspillage dans les produits alimentaires est en moyenne de 20 %. Un chiffre dû, pour partie, au rejet des spécimens jugés non-conformes par leur couleur et leur forme. Une situation particulièrement préoccupante pour les produits frais naturellement irréguliers. Une décision récente de la Commission européenne  va peut être changer cette situation pour les fruits et légumes.

Une fois n’est pas coutume, la Commission européenne souvent décriée pour son caractère bureaucratique a décidé d’alléger les normes européennes qui pesaient sur une grande partie des vergers et maraîchers de l’Union. Si les différents pays de l’Union l’acceptent, 26 produits sur les 36 obéissant à des règles européennes seront autorisés à être commercialisés quel que soit leur aspect.

Une décision qui remet en cause un système mis en place voici 30 ans, la séparation en trois catégories qualitatives fondées sur la taille, la forme et la couleur : catégorie I, II et extra et la mise au rebut des fruits et légumes ne rentrant pas dans ces cases. Une « révolution » qui ne touche cependant pas les espèces les plus commercialisées. 75 % du commerce européen de fruits et légumes étant concentrés dans les 10 ne connaissant aucun changement : salades, pommes, oranges, poires, fraises, pêches et raisins.

Un choix qui ne fait pas l’unanimité. La raison invoquée par Bruxelles : faire baisser des prix jugés excessifs en période de crise est contestée. La part du budget consacré à l’alimentation aurait diminué de près d’un quart depuis 20 ans, les fruits et légumes n’en représenteraient que 10 % – chiffres Interfel -. Cette dérèglementation fait aussi craindre aux agriculteurs une concurrence accrue. Interfel, le syndicat représentatif de la filière des fruits et légumes frais s’érige contre une décision qui «  nuirait à l’image des fruits et légumes en supprimant les repères pour le consommateur. » Les exigences sanitaires sont cependant les mêmes et l’indication de la provenance reste obligatoire. Le consommateur a la possibilité de faire des choix écologiques et citoyens.

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