La Rochelle repense la circulation urbaine
Soustraire le centre historique de La Rochelle du tout-automobile. Un défi vieux de plus de trente ans qui n’a pas pris une ride. Au contraire. Depuis les « vélos jaunes », ancêtres du Vélib’ en 1976 jusqu’aux projets de navettes électriques sans conducteur du futur, les transports rochelais ont une longueur d’avance. Panorama de la révolution en cours.
Circulation partagée
Pour les 150 000 habitants de l’agglomération rochelaise, abandonner son véhicule individuel pour les distances les plus courtes est la première étape vers une circulation plus durable. En périphérie des remparts qui délimitent le centre-ville, les parkings ont été étendus d’un millier de place. Au-delà, le prix des stationnements a été augmenté. Une invitation pour les 12 000 conducteurs quotidiens à passer aux transports en commun pour la dernière partie du voyage. Il faut aussi proposer des alternatives viables. Une voie réservée aux bus traverse l’agglomération rochelaise du Nord au Sud. Des bus de la capacité d’un tramway – les bus à haut niveau de service – parcourent ce trajet toutes les 10 minutes. Selon Denis Leroy, vice-président de la communauté d’agglomération de La Rochelle, toutes ces améliorations permettraient de retirer environ le quart des voitures de la circulation intra-muros.
Le maillage serré de transports offre aux utilisateurs la possibilité de passer facilement d’un mode de transport à l’autre. Pour venir de son domicile à la station de bus la plus proche, on peut désormais laisser son vélo dans des abris sécurisés, les « vélo-parcs ». Les stations de vélo et les voitures électriques en libre-service Lisélec ainsi que les arrêts du bus de mer sont situés les uns à côté des autres. Un abonnement unique, la carte Yélo, permet d’emprunter tous les moyens de circulation mis à disposition par l’agglomération du bus au bateau en passant par le vélo. Ce forfait original offre aussi la possibilité d’emprunter des taxis à des tarifs préférentiels quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit sur 116 points de l’agglomération.
L’électrique sous toutes ses formes
Non contente d’un réseau de transport innovant, La Rochelle est aussi une ville pionnière des véhicules électriques. A partir de 1986, la municipalité pousse au développement d’un véhicule électrique de fabrication rochelaise : la Volta. Douze ans plus tard, l’électrique prend le large, le premier bateau électro-solaire voit le jour à La Rochelle pour effectuer la traversée du Vieux-Port. En 1999, apparaît Lisélec, 50 véhicules électriques en libre-service à disposition des particuliers. A l’orée du millénaire, naît le service-de livraison électrique Elcidis à la disposition des commerçants et des transporteurs et les minibus électriques de 22 places pour faire la liaison entre le parking périphérique Jean Moulin et le centre-ville.
La Rochelle continue d’être le laboratoire français des déplacements électriques en ville. Dans le cadre du programme européen Citymobil, la première navette électrique sans chauffeur verra le jour au printemps 2010 sur le campus universitaire rochelais. Un service de transport propre, à la demande et 24h/24 fruit des dernières innovations en matière de géolocalisation. Dans le domaine des bateaux pour passagers électriques, la société rochelaise Alternatives Energies reste le leader hexagonal. L’exemple du bus de mer électro-solaire fait des émules à Paris sur le canal Saint-Denis et à Marseille pour la traversée du Vieux-Port. Le parc de voitures électriques en libre-service devrait être prochainement renouvelé et doublé. De quoi tester les nouvelles offres à venir des constructeurs automobiles…
Plus d’informations sur : http://www.agglo-larochelle.fr/
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