Imprim’vert : imprimer plus vert ?

Décriée pour sa consommation de papier, l’imprimerie est aussi une grosse utilisatrice de produits toxiques pour le fonctionnement et l’entretien des presses Offset en particulier. Le label Imprim’vert, créé en 1998 par la Chambre de commerce du Centre, désormais national, permet d’éviter le rejet de ces polluants dans la nature. Une simple application des règlements existants qui a pourtant sérieusement diminué les impacts des 2 000 imprimeurs labellisés – 40 % de la profession -.

Proscrire les substances les plus dangereuses, encadrer les autres

imprim-vertLe cahier des charges d’Imprim’vert interdit l’utilisation de produits toxiques marqués d’une « tête de mort ». Une mesure qui a permis notamment d’écarter des ateliers, le trichloréthylène, – cancérigène avéré – et les correcteurs de plaques à base d’acide sulfurique. Toute substance nocive n’est cependant pas prohibée. Des solutions de mouillage aux encres à base de pétrole en passant par les solvants utilisés pour nettoyer les plaques, l’imprimerie avec ou sans Imprim’vert reste une activité polluante même si des innovations technologiques – Offset sans mouillage – permettent d’économiser les additifs dangereux. Le label Imprim’vert impose simplement un stockage plus rigoureux de ces produits nocifs et une gestion rigoureuse des déchets conformément à la réglementation. Un petit pas pour l’imprimerie, un grand pas pour l’environnement et les hommes…

Transmettre la bonne parole mais sans contraindre…

Imprim’vert comporte aussi un volet communication pour les seuls imprimeurs numériques. Pour obtenir le label, une action de sensibilisation auprès des clients doit être mise en place. On les incite à se pencher plus en détail sur l’impact environnemental du papier : quantité et qualité – recyclé ou issu de forêts gérées durablement – et des encres végétales ou minérales. Aucune obligation mais une simple incitation à l’adresse des clients les plus modestes – les tirages numériques – alors que seul le marché de l’Offset, beaucoup plus important, a une portée significative. Un label qui ignore une grande partie du cycle de vie de son produit : la production du papier, est-il encore un label écologique crédible ?


Au-delà d’Imprim’vert

Comme nous l’avoue Benoit Moreau, responsable Environnement et sécurité de l’Union nationale de l’imprimerie et de la communication « le label Imprim’vert est un minimum ». Il ne constitue une garantie qu’au niveau de l’utilisation des toxiques. Pour le reste : consommation d’énergie, utilisation d’encres végétales et de supports recyclés, aucune norme ou label ne garantit la prise en compte de l’ensemble des critères écologiques. La norme ISO 14001, plus globale qu’Imprim’vert, fixe des objectifs de réduction des consommations énergétiques et des pollutions à l’échelle de l’entreprise. Elle inclut aussi des critères en termes de sécurité des travailleurs. Elle ne comprend cependant aucun objectif chiffré et reste auto-déclarative. Certaines imprimeries sont certifiées PEFC ou FSC garantissant ainsi la provenance de leur papier. Au final, une imprimerie véritablement plus écologique doit en fait accumuler toutes ces certifications (voir encadré). L’Union nationale de l’imprimerie et de la communication travaille sur l’insertion d’un critère carbone au sein d’Imprim’vert. Un nouveau repère unique pour le consommateur soucieux d’une impression plus écologique serait-il à l’ordre du jour ?

Pure impression tourne la page

Pionnier de l’impression écologique, l’entreprise Pure impression a fait le choix d’une démarche développement durable globale. Une politique qui porte aussi bien sur l’énergie que sur les déchets et le bien-être des travailleurs. Labellisée Imprim’vert, Print environnement, FSC, PEFC et certifiée ISO 14001, Pure impression dispose désormais également de locaux construits en haute qualité environnementale dotés de panneaux solaires. La chaleur des machines est récupérée pour le chauffage. Les véhicules de fonction sont hybrides. Les substances dangereuses sont confinées et un système permet l’étanchéité du lieu de stockage en cas de fuite. Le tout pour un prix d’impression compétitif selon la direction.

Un laboratoire de l’imprimerie de demain ? La croissance des exigences environnementales dans les appels d’offre, notamment publics, ne peut qu’encourager l’évolution de la profession.

Plus d’informations : http://www.pure-impression.fr/

Un commentaire

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  1. La norme ISO 14001, plus globale qu’Imprim’vert, fixe des objectifs de réduction des consommations énergétiques et des pollutions à l’échelle de l’entreprise : OUI.
    Elle inclut aussi des critères en termes de sécurité des travailleurs. OUI (les exigences légales)
    Elle ne comprend cependant aucun objectif chiffré et reste auto-déclarative. NON. Exigences requises : Engagement – Objectifs quantifiés – mesures factuelles – action d’amélioration suivies.

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