Des lumières de Noël dans le vent
En cette période de fêtes où les villes de France s’illuminent, la commune de Laval a choisi de diminuer sa consommation électrique tout en diversifiant son alimentation électrique avec l’utilisation de deux petites éoliennes pour les fêtes : une première en France !
Les fêtes de Noël se manifestent notamment par l’apparition de guirlandes lumineuses dans les centres villes : si elles égayent l’hiver et font la joie des petits et des grands, les millions d’ampoules qui s’allument dès la nuit tombée augmentent significativement la consommation électrique. En France, selon l’ADEME(1), la puissance fournie pour les illuminations de Noël est estimée à 1300 MW : l’équivalent de la production d’un gros réacteur nucléaire ! Les trois quarts de cette consommation sont issus des ménages et le reste provient en partie des municipalités. Or, cette demande supplémentaire intervient en période de pointe lorsque l’électricité est notamment générée par les centrales thermiques, fortement productrices de gaz à effet de serre. Si les ménages peuvent faire preuve de créativité et limiter les décorations électriques, sans illuminations, les centre-villes sembleraient bien ternes pour les fêtes de fin d’année. C’est pourquoi, depuis quelques années de nombreuses communes ont investi dans des lampes basses consommation ou mieux, dans les LED.
C’est le cas de la ville de Laval qui s’est engagée dans les énergies renouvelables pour les fêtes puisque pour la première fois en France, des illuminations de Noël sont alimentées par l’énergie éolienne, explique Guillaume Garot, député-maire de Laval. « Nous avions déjà réduit nos dépenses énergétiques de 25% l’année dernière en supprimant les illuminations le matin », rappelle le maire de Laval. « Nous continuons également à remplacer systématiquement les ampoules et les projecteurs par des LED (70% d’économies). Mais aujourd’hui, nous franchissons un nouveau seuil. Nous organisons les illuminations les plus écologiques de France par une maîtrise de la dépense énergétique. »
Deux « aérogénérateurs » (de petites éoliennes) sont installés sur l’écluse du centre-ville. D’un diamètre d’un mètre soixante, ils pivotent selon la direction du vent en haut d’un mât d’un mètre. Grâce à deux retords, ils produisent entre 3 et 6 kW/h en fonction de la puissance du vent, « de quoi alimenter entre un quart et un tiers des Lumières de Laval », explique Jacques Mallet, directeur d’ErDF en Mayenne qui met à la disposition de la Ville ces appareils avec le soutien du Conseil Régional. Dès que le vent dépasse les 6 km/h, l’équivalent d’une brise légère, elles peuvent produire de l’électricité. Ces petites éoliennes sont installées depuis le 28 novembre et jusqu’au 4 janvier, date à partir de laquelle la municipalité pourra établir le bilan complet de cette expérimentation. Jusqu’à aujourd’hui, les éoliennes fonctionnent de 17 h à 23 h sans interruption, le vent étant toujours au rendez-vous. Ainsi, elles permettent de couvrir presque intégralement l’illumination des ponts du centre-ville et de La Mayenne qui traverse Laval.
« Silencieuse et élégante, cette innovation change l’image de l’éolien », complète Jean-Pierre Le Scornet, vice-président du Conseil régional en charge de l’environnement. « C’est pour cette raison que la Région a souhaité s’associer cette année aux Lumières de Laval. Elles font la démonstration concrète que la réduction de l’empreinte écologique passe également par des solutions locales. L’éolien demain, ce ne sera plus seulement de grandes installations, mais aussi des aérogénérateurs plus petits installés dans les villes », ajoute-t-il. Et pour accroître l’effet pédagogique, les aérogénérateurs sont eux aussi illuminés. Ils sont un élément à part entière des Lumières de Laval pour Jean-Christophe Boyer, adjoint au maire. Ils participent du décor sobre et élégant qui est aujourd’hui la signature des illuminations.
Même si ces petites éoliennes seront démantelées début janvier 2010, elles préfigurent de nouvelles réponses technologiques pour couvrir les surplus de consommation électrique liés à des évènements. Espérons que le surcoût financier ne soit pas prohibitif et que le bilan de cette première expérience soit suffisamment concluant pour assurer la démocratisation et l’installation durable de ces petites éoliennes, pas seulement lors des périodes de fêtes ! En effet, économies d’énergie et systèmes de production décentralisés, dans une région comme la Bretagne qui connaît régulièrement des tensions sur ces approvisionnements électriques, prennent ici tout leur sens.
Yves Leers
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Note
(1) Avec l’ADEME, cette année passez Noël au vert ! – ADEME, 10/2009
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