Voltalis : alléger la consommation d’électricité pendant les pointes
L’électricité française est la moins carbonée d’Europe – 43,5 gr CO₂/kWh pour la production EDF en 2009 (chiffres EDF) -. Au moment où la consommation électrique atteint son maximum – en hiver pour l’éclairage et le chauffage, en été pour la climatisation -, on doit cependant faire appel à des centrales thermiques fortement émettrices en CO₂ – 343 gr CO₂/kWh pour le charbon (ADEME 2005) -. Voltalis, jeune entreprise née en 2007, propose une solution pour diminuer la consommation électrique en période de pointe et les émissions de gaz à effet de serre.
Trouver une solution écologique à l’accroissement des pointes électriques
Depuis 2007, le marché français de l’électricité est libéralisé. Un acteur désigné par l’Etat : RTE (Réseau de transport d’électricité) fait le lien entre les différents fournisseurs et la demande pour éviter un black-out général comme ce fut le cas pendant l’hiver 2006 pour une partie de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Est de la France. Une tâche ardue alors que les records hivernaux de consommation, largement dûs au chauffage électrique, ne cessent d’être battus – 93 GW en janvier 2009 – (*). Trois options se présentent alors : investir dans des centrales thermiques classiques (fioul, charbon et gaz), importer ou, enfin, pouvoir « ajuster » la demande en cas de déséquilibre entre la consommation et la production d’électricité – la solution la plus écologique et économique.
Outre les appels à la sobriété énergétique, des mesures structurelles s’imposent. Pour RTE, l’ajustement, c’est-à-dire la coupure ponctuelle de certains équipements électriques, représenterait actuellement 1 % de la consommation électrique totale. Une marge bien utile en cas de panne de centrale ou de pointe. Certaines industries bénéficient ainsi de tarifs préférentiels si elles mettent en pause une ou plusieurs de leurs activités pendant les périodes de plus forte consommation. Une méthode qui n’est pas sans inconvénients pour la production économique. La technique dite de « l’effacement diffus » se propose, elle, de réduire les consommations du parc immobilier pendant une brève période. Avec 7 millions de foyers français équipés et le quart des consommations électriques du secteur résidentiel (chiffres ADEME), le chauffage électrique est l’un des gisements d’économie les plus importants. Voltalis, entreprise-pionnière du secteur, propose aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités, d’interrompre pendant un bref moment leur chauffage électrique et leur chauffe-eau. Pierre Bivas, directeur de Voltalis, estime que cet effacement diffus chez les particuliers et dans les bureaux permettrait ainsi d’économiser l’équivalent de 14 Gw – soit environ 15 % de l’électricité en période de pointe -. Cette technologie ferait aussi, selon Voltalis, économiser jusqu’à 30 % de CO₂ si elle était généralisée.
Pilotage à distance
Le pilotage simultané à distance de milliers d’installations électriques a été rendu possible grâce au développement du réseau Internet. Déjà développé aux Etats-Unis pour les entreprises industrielles, le système ne touche encore que peu les particuliers et le tertiaire de par le monde. La plus grande installation de ce type à l’heure actuelle, celle de Long Island (Etat de New York) touche 20 000 foyers équipés. Voltalis n’a pas à rougir avec ses 20 000 adhérents hexagonaux et son million d’installations prévu dans les cinq ans. Appliqué à l’habitat collectif et aux entreprises, ce procédé connaît un essor rapide. Des bailleurs sociaux – « le Toit angevin » (1000 logements équipés), « Paris Habitat » (5000 logements seront équipés dans les deux ans) et « Habitat Toulouse » (800 logements potentiels) – ont ainsi proposé d’en équiper leurs locataires. Des groupements locaux de PME – dont des agences locales de grands groupes bancaires – sont aussi sur les rangs permettant une installation commune pour plusieurs entreprises.
Pour le consommateur, cela ne représente que la pose – gratuite – d’un boitier auprès du compteur habituel, relié aux appareils électriques du foyer. Lorsque la demande globale d’électricité est sur le point de dépasser la production, le système coupe les appareils ne nécessitant pas un fonctionnement en continu – le chauffage et le chauffe-eau électriques. Grâce à l’inertie thermique – la chaleur accumulée ne disparaît pas brutalement -, la consommation diminue sans perdre en confort. Un cercle vertueux qui dépend cependant largement de l’isolement du logement et du type de chauffage électrique installé – convecteur ou à corps de chauffe rayonnant -. L’utilisation du Bluepod – le boîtier développé par Voltalis – permettrait aussi d’économiser de 5 à 12% de sa facture d’électricité et de suivre en direct, via internet, sa consommation détaillée. Une bonne manière de faire rimer écologie et économie. Reste à mettre en pratique, cette technologie qui en est encore au stade expérimental – l’effacement diffus n’est pas encore pleinement opérationnel en France -.
Adhésion et information sur : http://www.voltalis.com/
(*) Une baisse d’un degré représente une augmentation d’environ 2100 MW de la consommation électrique soit deux fois la consommation de la ville de Marseille (chiffres RTE)
Retrouvez Toogezer









