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La spiruline : une petite algue qui fait le maximum

La spiruline, ça vous dit quelque chose ? Micro-organisme en forme de ressort  – environ 0,1 mm – comptant parmi les organismes terrestres les plus anciens – 3 milliards d’années -, c’est aussi l’un des aliments les plus riches en éléments nutritifs essentiels ( protéines – 50 à 70% de leur masse ), qui plus est économe en eau et en intrants. Antenna Technologies France (émanation d’Antenna Technologies Genève, ONG suisse fondée en 1989 et transformée en début d’année en fondation) met au service des populations les plus pauvres d’Afrique et d’Asie une méthode de culture simple et efficace pour lutter localement et durablement  contre la malnutrition et sortir de la pauvreté en créant une nouvelle activité économique.

Une technologie mise à la portée des plus pauvres

Recolte_Dogondoutchi_Niger

Grandeurs et malheurs d’une

« plante miracle »

Bien que « redécouverte » depuis les années cinquante, les vertus nutritionnelles de la spiruline – forte teneur protéinique, nombre d’acides aminés et phycocyanine – ne recueillent que très progressivement la bienveillance des organismes d’aide internationaux et de l’OMS. Testée en plusieurs points du globe, avec des expérimentations notamment dans un hôpital à Maduraï (Inde) en partenariat avec Antenna depuis le début des années 90, les tests cliniques à grande échelle manquent faute de moyens. Certifié selon les procédures officielles, le Plumpy’nut, un complément alimentaire à base de pâte d’arachide fabriqué en Normandie reçoit les suffrages de par sa facilité d’utilisation. Un produit d’importation très utile en cas de crise alimentaire mais qui, à la différence de la spiruline, ne favorise pas l’initiative locale (sauf s’il est produit sur place…) et continue à rendre les populations dépendantes des pays du nord.
Une situation qui commence à changer avec l’implication active de certains Etats africains comme le Burkina-Faso ou le Sénégal qui ont établi des plans gouvernementaux pour développer la nouvelle culture. En essuyant parfois les plâtres de la nouveauté. Le pouvoir burkinabé, qui s’est lancé dans l’exploitation de plusieurs milliers de m² de bassins à spiruline, a ainsi accumulé les stocks d’invendus faute de maturité des circuits de distribution. Une situation qu’Antenna veut éviter par une montée en charge progressive des quantités sans saturer des marchés locaux – surtout en ville – encore instables.

Antenna Technologies, a pour but de mettre au service des populations en difficulté, des technologies facilement reproductibles et pérennes. C’est au début des années 90, qu’Antenna Technologies, à l’aide d’ingénieurs et scientifiques et notamment de Jean-Paul Jourdan, a diffusé la culture de la spiruline en bassins. Une nouveauté, la précieuse cyanobactérie étant auparavant directement cueillie dans les lacs saumâtres naturels – Tchad et Amérique précolombienne notamment -. Une innovation qui permet une large diffusion pour une culture insensible aux attaques d’insectes ou de maladies. 22 fermes sont en exploitation ou en projet dans 12 pays : Burkina-Faso, Cameroun, Guinée Conakry, Kenya, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, Inde et Cambodge (projet).

Les intrants nécessaires sont accessibles et peu coûteux : bicarbonate et urée en particulier. La température de développement maximum de la plante, autour de 36°, est facilement atteinte dans les régions intertropicales, les plus touchées par les problèmes de nutrition. La consommation d’eau par protéine produite est de quatre fois inférieur au soja. Depuis, le système ne cesse d’être amélioré. Antenna teste actuellement au Kenya, près de Monbasa sur la côte de l’océan Indien, des bassins ronds avec un dispositif d’agitation de l’eau fonctionnant avec l’énergie éolienne. La polyculture est un autre axe de recherche ainsi que les techniques de micro-irrigation.

Antenna Technologies privilégie la viabilité économique de ses projets. Elle encourage les exploitations à atteindre une taille critique – autour de 300 – 400 m² -. 70% de la production sont vendus sur le marché local via les pharmacies et les dispensaires, au prix du marché. L’autre partie, les 30% restants sont donnés ou vendus à très bas prix directement aux enfants souffrants de malnutrition. Une stratégie qui permet l’autonomie des fermes tout en conservant leur vocation humanitaire. La distribution est un facteur important de réussite. La spiruline est un produit qu’il faut encore faire connaître. Entrepreneurs du Monde, un organisme d’aide à l’initiative économique grâce au microcrédit a développé au Burkina Faso, des programmes de distribution de spiruline avec Technap et Antenna. Un soutien aux intermédiaires pour l’achat de stocks est ainsi proposé grâce à l’octroi de prêt.

Une initiative porteuse de développement économique local

Ombo 10

Bien que nécessitant un suivi rigoureux de la composition – acidité, salinité et chaleur – et une agitation continuelle de l’eau, le dispositif reste accessible sans un investissement massif au départ. Le plus dur étant de former des responsables locaux. Chaque exploitation compte en moyenne 5-6 salariés. En Centrafrique, à l’est de Bangui, Jean-Denis Ngobo président de Kénose-Antenna – la branche locale d’Antenna – et à Madagascar, un salarié Antenna Technologie Antsirabé forment chacun dix nouveaux cultivateurs de spiruline par an.  Le lycée agricole de Hyères (Var), de concert avec des techniciens d’Antenna, propose un cursus complet sur la spiruline. Un véritable transfert de compétences à destination des pays du Sud.

Informations complètes sur :

http://antenna-france.org et http://www.antenna.ch/

Autres associations développant la culture de la spiruline :

Programme intergouvernemental sur la spiruline,

Organisme intergouvernemental de recherche et de formation sur la culture de la spiruline dans les pays en voie de développement

http://malnutritionzero.online.fr

TECHNAP (Technologies appropriées),

une organisation réunissant différentes ONGs pionnières en matière de culture de spiruline depuis une quarantaine d’années. TECHNAP gèrent actuellement des fermes de Spiruline au Burkina Faso et au Bénin.

http://www.technap-spiruline.org/

L’association Oh Madagascar France – Monaco,

4 bassins de 50 m² dans la région de Tamatave

http://ong.oh.madagascar.free.fr/

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