« Solidarité Homéopathie » : pour une médecine complémentaire alternative dans les pays du Sud
Perçu comme une urgence, l’humanitaire fait parfois l’impasse sur la pérennité de son action. C’est particulièrement vrai pour l’assistance médicale. L’association Solidarité Homéopathie rassemble depuis 1994 des médecins bénévoles pour apporter des solutions complémentaires de la médecine d’urgence et de l’industrie pharmaceutique.
« Reprendre en main sa santé » Docteur Marie Claude YANNICOPOULOS, présidente de Solidarité Homéopathie
Alors que les savoir-faire en matière de médecine traditionnelle disparaissent au Nord comme au Sud, Solidarité Homéopathie forme les populations locales à une pratique médicale naturelle et peu coûteuse. Privilégiant l’autonomie, l’ONG propose des thérapies à base de plantes – Homéopathie, Aromathérapie, Phytothérapie – et de massages – Ostéopathie, Shiatsu – facilement reproductibles. Un atout quand beaucoup de médicaments sont inaccessibles financièrement et utilisés dans des conditions de conservation et de prescription inadéquates. Egalement au cœur de l’action de Solidarité Homéopathie, des conseils pour une nutrition plus diversifiée et une meilleure hygiène.
Des techniques adaptées à des pathologies courantes des pays en développement : douleurs musculaires dues aux travaux agricoles et portage, déplacement d’organes après de nombreux accouchements, problèmes digestifs, carences et malnutrition notamment pour les plus jeunes. Une action qui porte ses fruits sur trois continents : Pérou, Congo, Niger, Mali, Inde et Philippines grâce à la succession de missions, entièrement bénévoles, depuis 3 à 12 ans selon les sites. En France, l’association propose aussi des consultations pour les populations les plus démunies en collaboration avec des organismes caritatifs comme le Secours Catholique ou les Restos du Cœur.
Développer les savoir-faire locaux
Mettre en valeur les propriétés des plantes locales et collecter/développer les savoirs autochtones : une autre mission de Solidarité Homéopathie. Grâce à plusieurs dizaines de responsables formés par ses soins, trois dispensaires au Pérou et un au Congo rassemblent et diffusent de manière permanente les connaissances de la médecine par les plantes – entretien de jardins de plantes médicinales et consultations -. Une transmission des connaissances étendue à d’autres médecines alternatives. Au Congo, à Brazzaville la capitale, Marie-Joëlle Rose et l’association TH.E.HO.S. forment 20 aveugles à la pratique du Shiatsu, massage traditionnel japonais basé sur les principes de l’acupuncture. Une initiative qui permet de redonner espoir à des personnes laissées pour compte tout en développant le bien-être de la population.
Solidarité Homéopathie intervient partout où une demande se fait sentir, en relation avec des associations ou dispensaires présents sur le terrain. « Vu le nombre de personnes n’ayant pas accès à la médecine conventionnelle, ce n’est pas le besoin de soins qui manque », répète la présidente de Solidarité Homéopathie, le Dr Marie-Claude Yannicopoulos. Au Pérou, après une première mission à l’Institut San Camilo de Lima, son action a été diffusée dans toutes les grandes villes : Cuzco, Puno, Arequipa, Iquitos et Huaraz. « Nos missions sont fonction de rencontres, on vient seulement lorsque l’on nous appelle », rappelle Dominique Eraud, médecin acupuncteur chargée de la communication de Solidarité Homéopathie Paris, partie au Niger en mission. Les chemins de Solidarité Homéopathie croisent ainsi d’étonnantes initiatives méconnues. A Niamey (Niger), un laboratoire dirigé par une Canadienne entièrement consacré aux vertus des plantes médicinales est prêt à fournir les médicaments pour guérir avec les plantes. Quand biodiversité rime aussi avec médecine…
http://pagesperso-orange.fr/shma.france/la_une.htm
Photos Solidarité Homéopathie : Congo Brazzaville mission 2006, Restos bébés Montpellier, Huaraz Pérou mission 2008
Une association née en pleine guerre de Yougoslavie
La première intervention de Solidarité Homéopathie a eu lieu en plein conflit des Balkans. Sept missions ont ainsi été réalisées entre 1994 et 1996. Des interventions dans les centres de réfugiés de Rijeka, Zadar et autres villes ainsi que dans les facultés de médecine de Mostar et Sarajevo ont permis l’introduction de l’homéopathie, alors inconnue dans ce pays. Lors de cette période d’urgence sanitaire extrême, un dialogue fructueux s’est noué avec l’ONG « Médecins du Monde ». Deux approches complémentaires, explique le Dr Marie Claude Yannicopoulos, présidente de Solidarité Homéopathie. Les urgences vitales sont très bien traitées par la médecine d’urgence conventionnelle, les techniques alternatives comme l’homéopathie et la médecine par les plantes sont particulièrement utiles pour le bien-être des victimes à plus long-terme complète t-elle. Une efficacité en situation de crise déjà constatée au début des années 90 pendant les épidémies de choléra au Pérou et dans le traitement des effets secondaires du paludisme.

















