Océans : le réalisme magique de Jacques Perrin
Un documentaire de plus sur la Grande bleue et ses splendeurs mystérieuses ? Plutôt une fresque violente et magnifique faite de sang, de sexe et de beauté. Un hymne à la beauté de la nature sans concession ni mièvrerie. Du grand documentaire.
Loin du Monde du silence de Jacques-Yves Cousteau (1955), initiateur du genre, décrivant un monde magique mais un peu statique, Océans est une épopée mouvementée, bruyante et colorée, un véritable champ de bataille où prédateurs et proies s‘affrontent pour la survie des uns et des autres. On y trouve aussi d’intenses moments de douceur animale sans sensiblerie. Des familles d’otaries se livrent au farniente entre deux parties de pêche sous la menace des requins. Une mère relève un nouveau-né pas très vaillant et l’encourage de ses cris. Des baleines à bosse font la fête et chantent à proximité des côtes sauvages du Canada dans une danse titanesque qui projette d’immenses gerbes d’eau.
Plus vaste écosystème « terrestre », la mer abrite à la fois les plus grands mammifères connus et une véritable « soupe » biologique constituée de millions d’individus microscopiques. Jacques Perrin nous en livre un aperçu magistral grâce à un jeu d’échelle continu et rythmé. Une belle performance technique qui nous permet de suivre avec la même intensité le quotidien du bernard-l’hermitte ou des grands squales. L’œuvre de Jacques Perrin se fait aussi poésie de l’étrange. La beauté inattendue des méduses, vaporeuses et colorées ou celle des pieuvres violacées et la « laideur pittoresque » du Labre à tête de mouton, véritable caricature vivante séduisent par leur originalité.
Crédit photo : © Richard Hermann
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