Nature capitale : les Champs-Elysées aux couleurs de la biodiversité

Copyright Xavier Defaix webNature capitale du 22 au 24 mai transformera la plus belle avenue du monde en vitrine de la biodiversité des terroirs français. Un projet titanesque qui parera de 150 essences de plantes et d’arbres la chaussée de la grande artère parisienne sur 3 hectares. Rencontre avec Gad Weil, créateur de l’évènement.

Comment est née Nature capitale ?

« Vingt ans après La grande moisson qui avait transformé les Champs-Elysées en champ de blé urbain, je voulais renouveler l’expérience d’une mise en scène végétale sur ce lieu mythique. C’est une création que j’ai réalisée avec Laurence Médioni plasticienne et paysagiste. Ce nom exprime l’importance du milieu naturel, la ville et aussi l’activité économique derrière la production de nos richesses naturelles. Le nom Nature capitale se réfère aussi à Train capitale organisé en 2003 au même endroit. »

Esquisse vue RondPoint webNature capitale, un hommage à la biodiversité ?

« Nature capitale propose une vision poétique des relations qu’entretiennent l’homme et la nature. Nous avions d’abord tablé sur 30 essences au départ pour en arriver finalement à 150 arbres et plantes différentes. C’est une nature façonnée par l’homme qui est mise en scène. Les Jeunes agriculteurs et France bois forêt ont apporté leur savoir-faire pour cultiver les spécimens. En effet, Nature capitale, c’est aussi découvrir le travail de celles et ceux qui font l’agriculture et la sylviculture française. Toute la France sera représentée y compris les DOM-TOM avec des cannes à sucre et des bananiers. Un marché du terroir permettra de découvrir les produits de 12 régions françaises. »

Evènement éphémère et développement durable ne sont-ils pas contradictoires ?

« Au-delà des impacts directs de l’événement, plus réfléchis, plus responsables – 250 camions (deux fois plus en 1990) pour transporter 8 000 parcelles qui poussent dans 14 sites -, le déplacement des visiteurs conditionne largement l’empreinte écologique de Nature capitale. Nous tissons du lien social et suscitons l’émotion préalable aux débats de société. Faut-il s’interdire toute communion laïque dans notre société individualiste sous prétexte des nuisances inévitables que cela cause ? La pétillance humaine, les millions de conversations autour de l’évènement en feront une agora sur les grands thèmes environnementaux. A travers l’essaimage, la vente des fragments de l’œuvre (de 150 € à 700 € ndlr), chacun pourra conserver et faire vivre une partie de cette nature jubilatoire, en perpétuer le souvenir et lui assurer une vie durable. »

Nature capitale, un mélange inséparable de nature et de ville ?

« J’épouse la ville comme elle est. Les feux de signalisation – non cachés – diront aux arbres, tu passes, tu passes pas… Pour la nocturne, aucun éclairage supplémentaire ou dispositif sonore. Les arts de la rue sont mon métier. Je ne crée que dans les espaces publics. Les Champs-Elysées sont le lieu de rassemblement national par excellence – coupe du monde, 14 juillet -. Nature capitale est destinée à voyager dans d’autres grandes métropoles mondiales : New York 2011, Sao Paulo 2012 en s’adaptant à chaque fois au paysage urbain et à l’agriculture locale. »

http://www.naturecapitale.com/

Propos recueillis par Olivier Moulergues

Les « Agoras de Nature » capitale

Nature capitale, un magnifique tableau végétal dressé sur la plus belle avenue du monde mais aussi un espace de discussion ouvert à tous les citoyens. ACIDD (Association communication information pour le développement durable) organise ainsi 12 « Agoras », sorte de « cafés littéraires » dédiés aux grands enjeux du développement durable à commencer par l’agriculture, l’alimentation et la biodiversité. La moindre des choses pour un évènement qui braquera deux jours durant – 23 et 24 mai – les projecteurs sur les richesses végétales et humaines des terroirs français. Rendez-vous donc au Centre d’accueil de la presse étrangère au Grand Palais, à l’hôtel Atala et au Fouquet’s pour des débats ouverts sur le monde de demain.

Inscription gratuite dans la limite des places disponibles : http://resonance.naturecapitale.com/

2 commentaires

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  1. Un bien beau projet, très couteux pour l’envoronnement, cela est certain.

  2. A voir gratuitement au Jardin des Plantes : la diversité des blés présentés par les paysans qui la cultivent !
    Pour la Journée de la Biodiversité, le 22 mai, le Réseau Semences Paysannes propose de découvrir gratuitement la biodiversité cultivée : 100 variétés de blés paysans s’exposent au Jardin des Plantes. Rouges, blonds, bruns, barbus, ils font partie de ces blés sélectionnés par des générations de paysans. Ni nanifiés, ni raccourcis, ni OGM, ils sont libres de droits de propriété, ils se sèment et se ressèment gratuitement et n’ont pas besoin d’engrais chimiques pour pousser. Ils représentent la diversité des terroirs, la diversité des cultures, l’adaptabilité des plantes et une garantie pour l’avenir. La biodiversité cultivée est un patrimoine d’une richesse considérable, elle ne peut se concevoir sans des pratiques paysannes respectueuses de la diversité, des écosystèmes et des droits des paysans à sélectionner et échanger leurs plus beaux grains pour les ressemer.
    Pendant ce temps, l’opération Nature Capitale, expose sur les Champs-Elysées 150 variétés de plantes, des arbres à la salade. Ces plantes sont en majorité des variétés industrielles vendues à prix d’or. Ces petites parcelles d’agriculture intensive ne représentent ni des terroirs ni des pays mais une industrie semencière toute puissante. Le modèle agricole exposé sur la célèbre avenue a largement contribué à la disparition de la biodiversité sauvage : les arbres et arbustes des haies, les fleurs des champs, les insectes pollinisateurs qui n’ont pas survécu au machinisme et à la systématique utilisation de produits chimiques. Ce modèle contribue également à la disparition de la biodiversité cultivée que cette opération prétend exposer : les milliers de variétés paysannes ont été remplacées par quelques variétés hybrides ou standardisées et protégées par des droits de propriété intellectuelle.

    Retrouvez la biodiversité gratuite au Jardin des Plantes : des visite guidées sont organisées par des paysans et des paysans boulangers qui les font vivre, les cultivent et les boulangent au quotidien, malgré les innombrables obstacles qu’ils rencontrent !

    Une exposition visible du 15 mai au 10 juillet. Des visites guidées sont proposées les 22 et 23 mai.
    La biodiversité ne se réduit pas aux cultures industrielles vendues sur les Champs-Elysées, ça se cultive aussi ! Certains le font au quotidien.
    http://www.semencespaysannes.org
    http://www.labiodiversiteçasecultive.org

    Contact : Ph. Guichard : 06 34 71 47 10

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