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Mobilisation internationale contre les bombes à sous-munitions |
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La communauté internationale a eu raison des mines antipersonnel, qui ont quasiment disparu, dix ans après l’adoption du traité d’Ottawa en 1997. Des bombes à sous-munitions, aux effets similaires sur les populations civiles, sont toutefois encore utilisées. Le processus d’Oslo, lancé en février 2007, devrait conduire à leur suppression. État des lieux.
Anne Villeneuve, responsable du plaidoyer contre les mines et les bombes à sous-munitions à Handicap International, estime que le traité d’Ottawa a porté ses fruits : « les États signataires n’utilisent plus de mines antipersonnel et ont progressivement détruit leurs stocks. La stigmatisation des mines est devenue telle que tous les États ont abandonné leur usage, même s’ils n’ont pas signé le traité, comme le Pakistan ». Les rares utilisations observées aujourd’hui proviennent de deux États - la Russie et la Birmanie -, et surtout, d’une dizaine de groupes armés non étatiques, avec lesquels l’ONG « L’appel de Genève » rentre en contact afin de leur faire signer une déclaration d’intention d’abandon. Le Mouvement de libération du Sud Soudan (SPLA) s’y est engagé, tout comme le Parti du Kurdistan iranien.
Déminage, prévention, assistance
Malgré ces avancées, les mines antipersonnel représentent un fléau majeur pour les pays qui en sont pollués. Les zones les plus minées en 2006 se trouvaient en Afghanistan, au Cambodge et en Colombie, au Viêtnam, en Angola et au Mozambique. Si les pays signataires d’Ottawa se sont engagés à les déminer, les échéances - prévues à partir de 2009 - ne seront, pour la plupart, pas tenues. Déminer représente un investissement en temps considérable et malgré une hausse constante de la superficie traitée, seulement 450 kilomètres carrés l’ont été en 2006. « L’action contre les mines, ce n’est pas seulement le déminage », explique Henry Zipper de Fabiani, ambassadeur français en charge de l’élimination des mines antipersonnel. « C’est aussi la destruction des stocks, la sensibilisation aux risques, l’assistance aux victimes et le plaidoyer ». Cette disparition progressive des mines dans le monde se réalise sous la surveillance de la société civile et en particulier des ONG comme Handicap International ou l’ICBL (International Campaign to Ban Landmines) qui publie chaque année un rapport très complet sur l’utilisation des mines, leurs stocks, et leur présence dans le monde.
Le processus d’Oslo contre les BASM
Les bombes à sous-munitions, qui ne sont pas encore interdites, représentent des dangers similaires aux mines. Ce sont des conteneurs qui sont largués par avion et qui se fragmentent en multiples bombes (sous-munitions) avant de toucher le sol. 5 à 40 % d’entre elles n’explosent pas tout de suite et tuent ou mutilent des civils à long terme. Massivement utilisées lors des conflits au Kosovo, en Afghanistan ou en Irak, elles font désormais l’objet d’un processus international d’interdiction, entamé à Oslo en février 2007, sur le même modèle que le processus d’Ottawa.
Selon Anne Villeneuve, « les négociations sont bien engagées et les conférences successives doivent aboutir à discuter des termes précis d’un traité lors du prochain rendez-vous, prévu en mai à Dublin ». 85 États ont déjà signé la déclaration d’intention de Wellington. Une question demeure : l’interdiction sera-t-elle totale ? Certains pays, comme la France, ont manifesté leur souhait de n’interdire que « les BASM les plus dangereuses ». Cette position est dénoncée par Handicap International qui demande alors aux États réfractaires d’apporter la preuve que les BASM autorisées ne toucheraient jamais aucune population civile. Les armes les plus sophistiquées se déclencheraient toujours en présence de chaleur, sans faire la distinction entre un char armé et un tracteur… L’ONG maintient également la pression sur la question de l’assistance aux victimes, qui était le parent pauvre du traité d’Ottawa, mais qui concerne Handicap de très près. Son action contre les mines est née de l’alerte de médecins de l’ONG en Thaïlande face au désastre des mutilations.
Stéphanie Senet
04.04.08
© JB Richardier - Handicap International
Pour aller sur le site de Handicap International
Pour aller sur le site de l’ONG L’appel de Genève
Pour lire le rapport de l’ICBL
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