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Somalie: l'escalade de la violence |
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Violences généralisées, déplacements massifs de populations, malnutrition infantile, réapparition du choléra, explosion des prix des denrées alimentaires, pénurie d'eau potable... : tel est le quotidien des Somaliens, qui font face à une crise humanitaire de très grande ampleur dans l'indifférence générale.
La Somalie : 8,6 millions d'habitants, dont un million de personnes déplacées. « La Somalie vit la crise humanitaire la plus grave dans le monde », déclarait déjà Bruno Jochum, directeur des opérations pour la Somalie pour Médecins Sans Frontières (MSF), le 8 février dernier au journal Le Temps. Depuis, rien n'a changé, ou plutôt si : la situation s'est encore aggravée.
La détresse d'un conflit oublié
Depuis fin décembre 2006, le gouvernement somalien de transition, soutenu par l'armée éthiopienne et les États-Unis, est engagé dans une lutte quotidienne contre une guérilla d'obédience islamique, liée à Al-Qaida, qui met la capitale Mogadiscio à feu et à sang. La force de l'Union africaine (Amisom), déployée à Mogadiscio depuis un an pour aider au retour à la paix, est sous-financée : seuls 2300 hommes ont été déployés.
Rappelons que depuis que Siad Barre, l'ancien dictateur du pays, a été renversé par des milices en 1991, la Somalie est embourbée dans la guerre civile, aucun gouvernement central n'ayant réussi à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire. Mais, en manque d'images, la presse internationale relaie au compte-goutte la situation sur place ; la Somalie ne mobilise pas l'opinion internationale, ou si peu.
Pourtant, ce ne sont pas les mauvaises nouvelles qui manquent. Le 29 mars, le palais du président Abdoulahi Youssouf était attaqué en présence du ministre des Affaires étrangères éthiopien Seyoum Mesfin, suscitant une riposte qui a causé 12 morts. Le 31 mars, deux étrangers, un Kényan et un Britannique travaillant pour une société sous contrat avec l’ONU, ont été enlevés par des hommes armés. Le 3 avril, MSF annonçait la fermeture de son programme médical à Kismayo, dans le sud de la Somalie - une décision qui fait suite au meurtre de trois de ses employés le 18 janvier dernier. Le même jour, 19 personnes trouvaient la mort au cours de deux attaques des insurgés islamistes au centre et au sud du pays.
Une crise sans précédent
Les chiffres effarants ne font pas non plus défaut: 130 camps de réfugiés sont installés sur 30 kilomètres, le long de la route reliant Mogadiscio à Afgoye. 250 000 réfugiés y sont concentrés. Depuis le début 2007, la moitié de la population de la capitale, soit environ 700 000 habitants, a fui les combats. Les associations humanitaires, en nombre insuffisant, sont débordées ; l'aide alimentaire du Programme Alimentaire mondial est distribuée sans aucun contrôle par des groupes locaux ; la Somalie a même été qualifiée par l'UNICEF de « pire endroit du monde pour les enfants », frappés de plein fouet par la malnutrition infantile.
Le 26 mars, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) s'est joint à l’appel publié par 39 ONG pour souligner l'aggravation de la crise du pays et la détérioration de la situation humanitaire : "La crise dans laquelle est plongée la Somalie s'est dégradée de façon dramatique, et l'accès aux populations qui ont besoin d'aide continue à se restreindre", déplorent les organisations signataires.
Vers une résolution du conflit?
Pourtant, tout espoir n'est pas perdu. Les Nations unies, par l'intermédiaire de leur représentant spécial Ahmedou Ould-Abdallah, ont entrepris des préparatifs de réconciliation, visant à parvenir à un compromis entre les factions politiques rivales. L'ambassadeur s'est ainsi félicité le 2 avril dernier que “De nouvelles évolutions très encourageantes ont été enregistrées ainsi qu'un signe positif d'engagement des Somaliens à reconstruire leur pays et à repartir sur de nouvelles bases”.
Plusieurs scénarios sont envisagés en vue de favoriser le retour à la paix ; mais tous devront surmonter les réticences de la communauté internationale à s'investir dans la résolution d'un conflit exacerbé par la lutte anti-terroriste.
Celine Bretel
07.04.2008
© DoD
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