Toogezerement vôtre !Citoyens, consommateurs, entrepreneurs, décideurs… Nous sommes tous confrontés à un double défi : sauver ... lire l'édito
|
Que faire ? |
Développement durable |
|
Les chaussures écolos, c’est le pied ! |
-->
|
|
|
Caoutchouc équitable, matériaux de récup’ :
l’inventivité des chaussures alternatives défie les marques-phares à
gros budget pub. Des pompes sport-citadines aux chaussons à découper
soi-même, Toogezer a testé pour vous les bons plans pour être écolo
jusqu’au bout des ongles… de pieds.
Les chaussons à découper
La semaine dernière, surprise au petit matin. Chronopost m’apporte un paquet contenant une grande plaque d’épais feutre beige, criblée de lignes étranges, sortes de courbes de niveaux rouge brique. Un paillasson ? Un isolant ? …Du feutre industriel récupéré pour créer ses propres chaussons ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt, moi qui me gausse d’offrir des trousses de toilette en serviettes recyclées ? Ma pointure ? 38, il suffit de choisir la ligne de niveau qui correspond. Et surtout de la suivre avec les ciseaux de cuisine – obligatoires au vu de l’épaisseur du feutre. J’ai beau me concentrer, je me mords les doigts d’avoir raté mon exam de découpage à la maternelle. Surtout dans les angles où les courbes de niveaux se rejoignent dangereusement. Positivons : ces ondulations « faussement » mal découpées donneront un air hyper-personnalisé à mes futurs chaussons. Pratique, il y a déjà les scratch collés-cousus mile au bon emplacement. On met son pied sur la croix beige et on referme les « ailes » des côtés l’une sur l’autre. Inauguration du premier chausson… en grande pompe.
La particularité est que, comme les tatanes des bords de piscine, les chaussons sont ouverts devant, ce qui permet d’une part de les enfiler sans intervention des mains, et d’agripper efficacement le sol ou les marches d’escalier quand il faut, bref, de ne pas tomber (surtout que le feutre est à la fois doux et assez accrochant à la fois). Pour le confort, rien à dire, c’est parfait. Ensuite, pour l’esthétique, la discussion est ouverte. Avec un jean, ou pour les hommes, ça passe bien. Sinon, il y a plus féminin…Et pourquoi ne pas tenter de teindre le feutre industriel de récup’ ?
Pour se procurer les chaussons du designer barcelonais Amor de Madre à découper soi-même,
www.amordemadre.com ou www.neomansland.com
 
Les baskets pied-de-nez
En même temps, côté chausses écolos, je ne fais que récidiver. En 2005, une petite visite à l’Ethical Fashion Show (défilé de mode éthique à Paris en octobre) m’avait convaincu que les Vejà étaient LES baskets de l’année. Dans le style effilé des Adidas city-sport avec deux bandes sur les côtés, les Vejà ont le mérite d’être fabriquées à partir de coton biologique, et de caoutchouc naturel du Nordeste brésilien. Celui-ci est prélevé sur des hévéas sauvages et la coopérative de « seringueros » (les producteurs de latex) sont payés 30 % de plus que le prix du caoutchouc sur le marché mondial. Ainsi, sa production devient rentable, ce qui contribue à la sauvegarde de la forêt amazonienne et de ses habitants. En ajoutant que l’entreprise est menée par deux charmants jeunes hommes, il n’en fallait pas plus pour me décider. À m’offrir des baskets de ville tout en faisant acte de désobéissance civile face aux marques de baskets qui, loin d’être équitables, phagocytent les consommateurs à grand renfort de sportifs à l’image fédératrice.
Petit hic : difficile de trouver les Vejà : la marque est certes présente dans plusieurs pays, mais en France, uniquement dans cinq boutiques parisiennes et en moyenne une autre par grande ville. Si on cherche un modèle précis, mieux vaut faire son repérage et passer quelques coups de fil avant…
Mais ensuite, impossible de les quitter (à part quand il fait froid) : on s’y sent comme… dans des chaussons. Les Vejà aux pieds, je sens mon allure souple et motivée, et même avec les jupes, c’est parfait. Outre ces plaisirs, elles ont prouvé leur solidité. Les semelles à peine élimées et aucune couture défaite au bout de deux ans et demi d’usage intensif : l’investissement est largement rentabilisé.
Et même en conditions extrêmes, elles m’ont été d’un précieux secours. Lors d’un trek dans le désert lybien, arrivée au sommet du harassant col d’Aouis, mes chaussures de marche se sont mises à parler (la semelle s’est décollée). Bandage avec un bout de chech découpé avec panache par le guide, ou avec du sparadrap solide, rien n’y a fait. Épuisée par cette marche chaotique, je finis par me résoudre à mettre mes Vejà (réservées pour le soir) pour les trois derniers jours de marche intensive. Et même si leurs qualités éthiques ont laissé les autres touristes de marbre, force est de constater qu’elles ont résisté à toutes les hautes dunes et roches fantasmagoriques.
Le site officiel de Vejà
Boutique en ligne de produits équitables

Fan de Converses, essayez donc les Ethletic. La production de latex naturel du Sri Lanka (labellisé FSC, gestion responsable des forêts), est assortie d’une prime de 50c €/kg de latex qui a servi par exemple à installer l’eau courante chez 22 producteurs. Au Pakistan, la fabrication des chaussures est assortie d’une prime de 20 % et d’un système de micro-crédit. Et comme les chaussures viennent de loin, Ethletic compense ses émissions de CO2. Un peu rigides au départ, les Ethletic s’assouplissent pour se porter… comme des Converses. Pas très originales dans le design, mais le positionnement comme alternative aux lacées-phares peut les faire jouer dans la cour des grands.
À tester :
Les Worn Again, des britanniques originales qui jouent sur la récup’. Composées de vieux complets pour hommes, des sièges d’autos, des chemises de grand-père, des couvertures pour les prisons.
Anglo-saxonnes aussi, les Simple Shoes font fi des «technologies révolutionnaires» des grandes marques pour se concentrer sur le «fonctionnel» des chaussures et le recyclage. Bouteilles en plastique, pneus, liège, toile de jute : tout est bon pour la création. Y compris le choix de matériaux de première main, mais écologiques : le coton bio, le bambou, le crêpe et la colle à base d’eau. Disponibles dans une trentaine de magasins en France, dont les Galeries Lafayettes.
Look skaters, les baskets Etnies utilisent des colles à eau, et les semelles sont en caoutchouc recyclé, en bambou et en chanvre.
Sole Technology
Pour aller dedans, préférez des chaussettes en coton bio, par exemple sur le site web de Chaussettes nature ou de la marque Monoprix bio.
Pour l’été
C’est la grande apparition des tongs recyclées. Planetik, une boutique éthique du Pays Basque, innove avec ses espatongs. Pour la semelle, de la corde du pays basque comme des espadrilles, et pour les brides, des bâches publicitaires recyclées avec des couleurs vraiment resplendissantes sous le soleil. La créatrice est vraiment sympa et les espatongs sont vraiment jolies, mais malheureusement, en marchant, la bride a tendance à «scier» le dessus du pied.. et au bout d’un aller-retour sur la plage, de douloureuses ampoules apparaissent sur les côtés…
Quitte à recycler, les autres créateurs optent plutôt pour le velours. C’est le cas de Zaza factory qui recycle du plastique et réutilise des boutons vintage achetés à Emmaüs, pour créer des tongs de velours bicolores en pièces uniques dans des ateliers équitables de femmes en Birmanie.
Achat sur le web Nu dans les chanvres
Étiquette environnementale (énergie nécessaire, effet sur le réchauffement, matières premières..), entrepôt fonctionnant à 60 % à l’énergie solaire, les Mion footwear semblent s’adapter à la morphologie de nos petons sportifs et adhérer au sol pour dévaler les canyons, crapahuter dans les rivières…
Méduses, sandales, chaussons et sabots de jardin en chanvre et plastique recyclé : les Plasticana
En cuir pour la ville
Côté commerce équitable, n’oublions pas les chaussures artisanales qui conservent des emplois ici et évite les pollutions dues aux transports.
Tannage végétal du cuir (avec des extraits de chênes, de châtaigniers, donc sans métaux lourds), latex naturel, doublures en peaux non teintées, les chaussures Bionat, par exemple, sont fabriquées artisanalement près de Lyon et distribuées dans les magasins bio en expo-vente. Si les prix peuvent faire peur, il s’agit d’un investissement de long terme puisque Bionat assure même le ressemelage des chaussures.
Raquel Hadida
06.05.2008
© Raquel Hadida
© Photo du centre: Ethletic
Une personne a commenté cet article. 1. Sans titremamao77, RegisteredHey, troooop coooool les sandales! c'est une super idée, je voulais les commander mais je n'ai pas de carte bancaire. il n'y pas d'autres moyens de les acheter sans forcement passer par cartes de crédit? J'habite à Genève, y aurait-il des magasins par ici?
En tout cas bravo les gars et les filles, pensez et créez écolo!!!!!!!
mamao {emailcloak=off}
|
|
REVUE DE PRESSE DU WEB 13-18 mai 2008Au lendemain de la fête de l'Europe du 9 mai, l'actualité européenne est chargée!
Commençons par une bonne... lire la suite
|